Besoins

Pourquoi un bilan de compétences ?

Permettre à des travailleurs d’analyser leurs compétences professionnelles et personnelles ainsi que leurs aptitudes et leurs motivations afin de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation.
(Art. L. 6313-10 du Code du travail)

Pour le psychologue, le travail est une activité dont un des traits essentiels est le caractère contraignant. L’obligation liée au travail répond notamment à une nécessité économique — il faut travailler pour vivre, pour subvenir à ses besoins. Le travail est aussi une activité sociale qui met en contact les hommes.
De multiples transformations — économiques, sociologiques, technologiques — sont en train de modifier profondément le travail et les rapports que l’on entretient avec lui.

La décision de faire un bilan de compétences repose souvent sur une souffrance au travail et toujours sur un questionnement.
Je vais être licencié(e) pour raison économique : qu’est-ce que je vais faire ?
Je ne supporte plus ce travail où je m ’ennuie à mourir : qu’est-ce que je peux faire ?
Je ne supporte plus mon équipe, je ne peux plus y aller. Si vous saviez tout ce que je dois endurer : quoi faire ?
Je suis au chômage depuis peu et je profite de mon droit au bilan de compétences pour faire le point.

Quête de sens : l’accompagnateur de bilan guide le bénéficiaire dans la mise à plat de son parcours professionnel.
Le bilan de compétences est un temps pour poser — souvent comme jamais cela n’a été fait — les débuts et les fins d’expériences, les intervalles, les enchaînements, de façon à voir le processus avec compréhension et si possible d’un œil sage. “ C’était quand déjà ? Ah ! oui, je me souviens ! ” Prendre le temps de regarder pour chaque expérience les connaissances, les compétences, les valeurs, les aspects de sa personnalité à l’œuvre.

Nous arrivons souvent pressé en bilan, pressé d’en être déjà à après, après le bilan, là où tout commence.
Trouver la graine du projet est une opération de patience, de finesse et de délicatesse.
Après… Il faut avoir le courage de poursuivre l’action nécessaire.
On ne fait pas grandir un arbre en lui disant : “ Pousse ! Je veux que tu pousses ! ”
Le bilan est une avancée pas à pas, qui dure deux ou trois mois. Au début par temps de brouillard, parfois de tempête. Puis quand le temps s’éclaircit se dessine alors de plus en plus nettement la forme d’un projet professionnel. Nous ne pensons plus désormais à ce que l’on a été mais nous devenons ce que l’on aspire à être.

Pour être créateur, l’individu doit exister et sentir qu’il existe : ce n’est pas un sentiment conscient, c’est simplement une base à partir de laquelle il agit.
La créativité c’est donc le “ faire ” qui dérive de l’“ être ”.
Elle montre que celui qui est, est vivant.
L’impulsion peut être au repos, mais si on emploie le mot “ faire ”, c’est qu’il y a déjà créativité.
(D. W. Winnicott “ Vivre créativement ”, Conversations ordinaires, Paris, Gallimard, 1970)

Le bilan de compétences est un jeu d’équilibre entre : principe de réalité et principe de plaisir ; soumission et omnipotence ; souffrance au travail et plaisir ; renoncements et aspirations ; peines et joies ; recevoir et donner, qui nécessite engagement, clarté et volonté. Un besoin de naître.